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Nous sommes dans les nœuds de la violence et nous y étouffons.

Que ce soit à l’intérieur des nations ou dans le monde, la méfiance, le ressentiment, la cupidité, la course à la puissance sont en train de fabriquer un univers sombre et désespéré où chaque homme se trouve obligé de vivre dans le présent (le mot seul « d’avenir » lui apportant toutes les angoisses), livré à des puissances abstraites, décharné et abruti par une vie précipitée, séparé des vérités naturelles, des loisirs sages et du simple bonheur.

Albert Camus.

Françoise Héritier, Anthropologue et Ethnologue souligne que la violence n’est pas innée chez l’homme.

Elle s’acquiert par l’éducation et la pratique sociale. Alors, cette grande question que le 18 ème siècle se posait avec acuité :         « l’homme est-il bon, est-il mauvais » ? N’est-elle pas une question aussi vieille que l’humanité ?

Dans les évangiles, la parabole de l’ivraie et du bon grain nous démontre qu’ils sont impossibles à séparer l’un de l’autre sous peine de perdre la récolte. Le bon et le mauvais doivent pousser ensemble jusqu’au moment où il est possible de les trier et de faire un choix.

En fait l’homme ne supporte pas, ou mal, la solitude et la mort.

Il ne peut pas vivre seul, mais dans le même temps la vie communautaire lui pose problème sur le plan matériel, idéologique, existentiel, pour tout dire ! Avec cette façon de brûler sa vie, toujours ce dualisme manifesté par les imbrications du bien et du mal, on est en droit de penser que là  est l’origine de la violence qui fait peur et fascine à la fois.

La violence engendre la guerre qui est une transgression envers nos codes sociétaux imposés par nos élites. C’est le seul signe de force qui est à portée d’esprit pour certains névrosés, alors que d’autre s’imposent des sacrifices, et se font violence pour réussir dans les domaines des sciences,  le sport ou le social . Vu de l’extérieur, ils témoignent de leurs volontés et leurs maîtrises. Il y a bien donc deux façons et manières d’être fort. Nous avons là de quoi nous occuper.

 

Cette violence, qu’elle soit individuelle ou collective, engendre l’acte de guerre, et son financement est assuré par les spéculations d’une façon directe et indirecte qui rapportent des dividendes, nous le savons. Les guerres et la violence qui l’accompagnent ne sont ni plus ni moins que la continuation des affaires par d’autres moyens.

 

Mais alors  cette violence et les souffrances qu’elle entraine et que l’on nous impose n’est-elle pas une fatalité ? Elle puise tout simplement sa source dans la nature même de l’homme et des sociétés qu’ils construisent où la violence non seulement trouve sa place, mais remplit une fonction. La violence qui engendre la guerre est en quelque sorte magnifiée, culturellement et structurellement, car illustrée par la peinture, la sculpture, les musées, nos films et jeux et même les dessins animés, destinés aux enfants, sauf  « Oui-Oui »… bien sûr !

 

Dans un de mes livres « Ordre mondial, désordre moral », je soulignais que les rapports humains sont principalement favorisés par quatre critères qui sont :

– La confiance

– La méfiance

– La défiance

– La violence

 

Si de nos jours nous évoluons dans cette violence c’est grâce à la complicité des décideurs et leurs experts qui nous imposent au quotidien, grâce aux informations et images anxiogènes de toute nature, une sorte de programmation pour nous prédisposer à cette violence.

 

 Même notre petite dizaine d’experts qui passe de chaine en chaine sont les premiers frustrés. Ils n’arrivent pas à assumer leur agressivité. Ils ne peuvent pas parler de cette violence sans s’identifier à elle et dire : « Je ne cherche pas à vous vexer, mais… » ! Ce qui veut bien dire :  » je vois bien cette forme de violence qui est aussi dans mes propos, mais le « moi » social ne peux l’admettre ».

 

Il n’est donc pas étonnant que non seulement les jeunes, mais une partie de la population se reconnaissent dans la violence, qui devient un moyen d’expression ultime. Ils y adhèrent et l’entretiennent sans parfois la connaitre vraiment, sans réellement en saisir tout l’impact et les conséquences. La violence est éprouvée, vécue, sans qu’une régulation quelconque devienne accessible : répression policière, éducation ou moralisation des échanges. La violence est vécue dans la brutalité et frayeur qui lui sont propres, déstabilisant les individus qui en sont envahis.

 

Il nous reste la possibilité de la marginalité définitive en faisant abstraction de tous nos désirs. Une sorte de révolution sans fin contre les institutions. L’ingérable saurait que le désir laisse parler sa violence, l’humanité se perdrait alors dans sa folie. Violence ! Pourquoi tant de haine ?

 

Boris Alexandre Spasov.

Boris Alexandre Spasov

Auteur

Erwan Meudec

Publication/mise enpage

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